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Sur la terre comme au ciel : le village de Locronan

La semaine dernière, j’ai découvert en Bretagne, à l’occasion d’un vol en montgolfière, un extraordinaire petit village : Locronan. Un village que vous connaissez sans doute sans même jamais y avoir mis les pieds. Ce bourg a en effet conservé intact son cadre de la Renaissance bretonne: une église de style gothique flamboyant, une place pavée où sommeille un vieux puits, entourée de quatorze demeures des XVIIe et XVIIIe siècles d’une belle austérité. Bref, un décor naturel idéal pour un film historique. Les cinéastes ne s’y sont d’ailleurs pas trompés, et vous avez donc sans doute déjà vu cette place, au moins sur vos écrans. En effet, pas moins d’une trentaine de films et de courts-métrages y ont été réalisés (et pas des moindres: Roman Polanski y a tourné Tess et Philippe de Broca, Chouans !). Pour la petite histoire, Locronan doit en fait cet ensemble architectural unique à sa grande époque, quand sa manufacture s’est spécialisée dans les toiles à voiles. Aux XVe et XVIe siècles, ces voiles équipaient non seulement les vaisseaux français, mais aussi ceux de l’Invincible Armada espagnole, les caravelles de Christophe Colomb, les navires anglais et hollandais… Les négociants, officiers du roi et notaires s’installèrent dans le bourg, entraînant à leur suite une foule d’artisans. Bref, une belle réussite pour un village niché au fin fond du duché de Bretagne ! La fin de la navigation à voiles a évidemment sonné le déclin de la manufacture et de Locronan. Jusqu’à ce que, au milieu du XXe siècle, les touristes commencent à affluer, séduits par une cité remarquablement préservée, et ce tant au niveau architectural que culturel. Car c’est ce second point qui m’a le plus séduit durant ma visite (depuis les airs, d’abord, puis à pied le reste de la journée). Le village doit en effet son nom à un saint (saint Ronan), qui lui a non seulement donné son nom mais aussi ses pardons et ses trésors artistiques. Cet évêque irlandais du Ve siècle était venu à Tours pour un concile. Il s’aventura lors de son voyage jusqu’à cette région sauvage, aux confins de la Bretagne qui était encore sous influence druidique. Mais au lieu de faire disparaître les rituels celtiques, Ronan les christianisa, ce qui fait qu’ils ont perduré jusqu’à aujourd’hui ! Ainsi, trois fêtes (très attendues chaque année) sont des survivances directes de ces cultes anciens. Le fameux pardon de la Grande Troménie, qui attire tous les six ans des milliers de pèlerins, reprend par exemple un parcours initiatique druidique. La tradition, dans les premiers jours de mai, de planter sur la grand’place un hêtre (l’arbre sacré des Gaulois) remonte également à la nuit des temps: l’arbre est ensuite brûlé fin juin dans le feu de la Saint-Jean, avant que ne débute un joyeux fest-noz. Plus intime, la tradition du dimanche qui suit le premier novembre commémore le rite celtique du « pain des morts »: lors d’une célébration. des morceaux de pain sont bénis puis distribués de maison en maison. Pour les touristes, ces festivités participent évidemment d’un joyeux folklore. Mais pour quelqu’un qui apprécie un peu l’Histoire, il est fascinant de découvrir ces vestiges de cultures anciennes, miraculeusement préservés. Bref, si vous en avez un jour l’occasion, je vous encourage vivement à prendre le temps de découvrir Locronan. Et si vous êtes amateur de beaux paysages, alors montez à bord d’une nacelle et découvrez le monde depuis la nacelle d’un montgolfière. Si la terre est déjà belle depuis le sol, elle devient un trésor qui laisse sans voix lorsqu’on la découvre depuis les airs, à la faveur des rayons d’or du soleil couchant. Cliquez le lien pour en savoir plus sur ce vol en montgolfière.

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